Au début, quand je me suis inscrite à ma première formation en périnatalité, j'étais convaincue que je devenais doula parce que j'aimais la grossesse et la naissance. J'étais passionnée par le phénomène du devenir mère, et je pensais que c'était la motivation principale. Que ça s'arrêtait là.

En rentrant dans les couches, j'ai commencé à voir et à comprendre que quand une femme enfante en 2019, beaucoup beaucoup BEAUCOUP de choses se jouent. Et force est de constater que le système actuel ne répond pas à toutes les variables qui se mettent en mouvement quand on porte un enfant.

Aujourd'hui, si tu me demandes pourquoi je suis doula, je te dirais que c'est parce que je suis libre et sauvage.

Libre comme un individu qui n'a jamais su rentrer dans les cases. Comme quelqu'un qui a toujours beaucoup souffert du système scolaire. Celui qui scinde tout, qui met tout et tout le monde dans des cases. Des petites boites bien rangées qu'il ne faut surtout pas ouvrir et mélanger. Des petites boites qui enlèvent le goût savoureux du chaos qui fait partie intégrante de notre existence.

Sauvage comme une personne qui a toujours été poussée à tracer sa propre route. Qui a toujours toute remis en question, en doute. Celle qui aime comprendre les règles du jeu, pour apprendre à y danser. Sauvage comme quelqu'un qui n'aime pas se conformer. Comme celle qui ne peut que suivre sa boussole intérieure, sous peine de s'éteindre complètement.

Je suis devenue mère. Libre et sauvage, mon bébé dans le ventre, et l'homme le plus soutenant à mes côtés, j'ai appris à naviguer.

À naviguer dans ce corps qui se transforme à une vitesse phénoménale.
À naviguer vers moi, surpassant une peur et une difficulté à la fois.

Mais surtout à naviguer à travers le système. Celui qui voudrait que toutes les femmes enceintes suivent la même route. Ce système qui est infantilisant, humiliant et déshumanisant. Celui dans lequel on est supposé avoir confiance, mais qui met les gens dans des petites boîtes. Tu sais, de celles qui enlèvent le goût savoureux du chaos qui fait partie intégrante de notre existence. La saveur délicieuse de l'intense expérience du devenir mère.
Ce système qui entretient tes peurs, ne te pose que des limites et te regarde de haut alors qu'il est lui-même malade.

C'est pour ça que je suis doula.

Pour embrasser le choas. Pour ouvrir le champs des possibles, en informant, en redonnant confiance en la vie. En redonnant foi en toi, ton corps et toutes les richesses qui t'habitent.

Je suis la touche d'humanité qu'il te manquera au sortir de l'hôpital. Celle qui t'amènera des fleurs, de quoi nourrir ton corps merveilleux et une bonne dose d'amour pour t'accompagner dans le chaos de l'existence. Ce délicieux chaos qui résonne en chacun de nous. La part de mystère qui doit le rester. Toutes ces choses qu'on ne peut toucher du doigt, et qu'on ne peut qu'accepter.

Je t'invite à te reconnecter. À toi, ton corps, les personnes qui sont bonnes pour toi, tes forces. Je tisse du lien, là où notre société crée des clivages. Je te vois, toi, entière, avec toutes tes nuances, toutes tes couches et toute ta profondeur.

Je ne tracerai jamais la route pour toi. Je te montrerai juste les éléments que tu as en main pour tracer la tienne, pour suivre ta propre boussole intérieure. Parfois, on a juste besoin de quelqu'un pour nous montrer, nous encourager voire même ... nous bousculer.

Je suis doula pour ça.