Je te demande pardon, de t'avoir jugée quand tu as eu besoin de 2h pour toi alors que ton bébé n'avait que quelques semaines, et que tu es sortie sans lui. M'éloigner de ma fille après sa naissance n'était pas envisageable pour moi, alors je pensais que c'était pareil pour toi.

Je te demande pardon, pour toutes les fois où j'ai prétendu que les couches lavables, c'était pas tant de boulot que ça. En fait, si, c'est du boulot. Il faut se débarrasser des selles, faire tourner les machines, les mettre sécher, les replier. C'est vrai, ça demande un effort. D'ailleurs, aujourd'hui, on a toujours un paquet de couches jetables dans l'armoire. Mais l'important, c'est chaque couche jetable évitée.

Je te demande pardon de t'avoir jugée lorsque tu donnais un biberon, l'air absent, à ton bébé tout frais en plein centre commercial. Avec le recul, je me dis que tu n'avais probablement même pas envie d'être là. Que tu avais peut-être eu un accouchement super compliqué, ou un besoin de sortir de chez toi trop pressant. Je focalisais tellement sur ton bébé, que j'ai pas pensé un instant à te regarder toi.

Je te demande pardon pour toutes les fois où j'ai opposé le portage à la poussette, le lit familial à la chambre de bébé ou encore le sein au biberon (sans me soucier de ce qu'il contenait). Oui, moi, je te demande pardon pour tout ça. Parce que mes idées, mon mode de vie, mes croyances et mon bien-être ne concernent que moi. Comme tes idées, ton mode de vie, tes croyances et ton bien-être ne concernent que toi. C'est facile de s'opposer, alors qu'on devrait plutôt essayer de se comprendre.

Alors je te promets que chaque jour, je serai plus authentique, plus vraie et plus compréhensive. Je n'alimenterai plus les combats qui opposent les mères. On en bave assez, non ?! Il y a déjà assez de boulot pour que notre liberté, nos choix soient respectés. Soyons solidaires, plutôt que de jouer le jeu mesquin des blessures d'ego.