C'était une de ces nuits, celles dont j'attends avec impatience qu'elles commencent. Ton petit corps qui lutte contre l'épuisement. Sentir comme tu as curellement besoin de ce sommeil qui t'échappe.

C'était une de ces nuits, de celles durant lesquelles je n'ose regarder l'heure, et ne compte pas le nombre de réveils afin de rester saine d'esprit. Celles dont je sais que la journée qui suit sera rude. Mais tant pis, pour l'heure, dans la pénombre, tout ce que je peux, c'est lâcher prise et t'accompagner.

C'était une de ces nuits, celles dans lesquelles résonnent tes cris d'inconfort, à travers ton sommeil, ton petit corps fébrile et brûlant de fièvre.

C'était une de ces nuits, celles dont je rêve qu'elles s'éternisent au petit matin, parce que même si toi, tu as pu dormir tout du long, moi j'ai veillé. Gardienne de ton sommeil, je t'ai apaisée, allaitée et câlinée. J'ai tout fait pour que ta nuit soit bonne.

C'était une de ces nuits, celles au bout desquelles tu te réveilles toujours bien trop tôt à mon goût. Celles dont je me réveille avec la sensation qu'il me faudra de la caféine en intraveineuse pour m'en remettre.

C'était une de ces nuits, celles dont tu te réveilles un sourire béat sur le visage, dès que nos regards se croisent. Celles dont je me lèverai toujours en même temps que toi, et celles durant lesquelles je ne te laisserai jamais affronter seule ce que la lune t'apporte.

La journée sera longue, mettra à l'épreuve ma patience face à ton désarroi et ma capacité bancale à te soulager de la poussée de ces fichues prémolaires.

Mais ces nuits, elles m'apprennent beaucoup. Surtout sur moi. Alors merci, ma chérie, pour ces nuits.